Niches fiscales : tout ce qui change en 2026

Actus & débats Publié le 5 juillet 2026
📅 Millésime 2026 — contenu vérifié et mis à jour le 5 juillet 2026. Chiffres et plafonds issus de la loi de finances en vigueur.

Réponse rapide : la loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026 après un parcours parlementaire mouvementé, revalorise le barème de +0,9 %, double le plafond des dons « Coluche » à 2 000 €, crée le statut du bailleur privé (amortissement locatif), pérennise la CDHR (imposition minimale de 20 % des très hauts revenus) et maintient l’abattement de 10 % des retraités que le projet initial voulait supprimer. Côté prélèvements, la CSG sur certains revenus du patrimoine est relevée. Le détail, mesure par mesure.

Ce qui change pour tous les foyers

Mesure Concrètement
Barème indexé +0,9 % Tranches relevées (0 % jusqu’à 11 600 €) : à revenu stable, impôt légèrement en baisse — le détail dans notre article TMI
Abattement 10 % des pensions maintenu La suppression prévue au projet (remplacement par 2 000 € forfaitaires) a été abandonnée
Taux individualisé par défaut Les couples mariés/pacsés se voient appliquer d’office un prélèvement à la source proportionné aux revenus de chacun
Avis d’impôt dématérialisés L’envoi papier devient optionnel pour tous

Ce qui change pour les niches fiscales

Dons : le taux de 75 % pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté (et désormais aux victimes de violences) s’applique jusqu’à 2 000 € de versements — plafond doublé, applicable dès les dons effectués depuis le 14 octobre 2025 (détails dans notre page dons). Immobilier : création du statut du bailleur privé (amortissement pour les acquisitions du 20 février 2026 au 31 décembre 2028 — notre analyse dans l’après-Pinel) et prorogation du déficit foncier doublé à 21 400 € pour les rénovations énergétiques payées jusqu’à fin 2027. IR-PME : la réduction « Madelin » est refondue (sociétés éligibles élargies, taux majorés pour certains fonds — voir FCPI-FIP). MaPrimeRénov’ et Loc’Avantages : guichets rouverts, avec rendez-vous France Rénov’ préalable obligatoire pour la prime. Pourboires : exonération prolongée jusqu’en 2028.

Ce qui se durcit

La CDHR — l’imposition minimale de 20 % des foyers au RFR supérieur à 250 000 € (500 000 € en couple) — perd son caractère temporaire : elle s’appliquera tant que le déficit public dépasse 3 % du PIB, avec des règles anti-contournement renforcées. La CSG sur certains revenus du patrimoine est relevée de 1,4 point (il existe désormais deux taux au lieu du taux unique de 9,2 %) : les stratégies d’enveloppes — PEA, assurance-vie — n’en deviennent que plus précieuses. S’y ajoutent une taxe sur les holdings patrimoniales (actifs « somptuaires » des structures de plus de 5 M€, exercices clos à compter de fin 2026) et un pacte Dutreil resserré sur ces mêmes actifs.

💡 Trois réflexes 2026. 1) Recalculer ses dons : jusqu’à 2 000 € à 75 %, l’ordre de vos générosités change le gain. 2) Comparer statut du bailleur privé / LMNP / déficit foncier avant tout achat locatif — trois amortissements, trois régimes de sortie. 3) Vérifier le taux individualisé appliqué depuis septembre 2025 au sein du couple : il modifie la trésorerie mensuelle, pas l’impôt total.
Vigilance. Une loi de finances adoptée au 49.3 après censure et compromis, c’est aussi des décrets d’application qui s’égrènent toute l’année : les paramètres fins du statut du bailleur privé et des dispositifs rouverts peuvent encore bouger. Chaque page de ce site affiche sa date de mise à jour — fiez-vous au millésime.

FAQ — nouveautés 2026

Le plafonnement global des niches a-t-il changé ?

Non : toujours 10 000 € (18 000 € outre-mer/SOFICA), non indexés depuis 2013. Notre simulateur reste réglé sur ces seuils.

Mon impôt va-t-il baisser avec le barème revalorisé ?

À revenu constant, légèrement : la revalorisation de 0,9 % évite surtout que l’inflation vous fasse grimper artificiellement de tranche. Si vos revenus ont augmenté davantage, l’effet s’annule.

La CDHR concerne-t-elle les « simples » TMI 41-45 % ?

Non : elle vise le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (personne seule). Un cadre à TMI 41 % en est très loin — c’est un impôt de très hauts revenus, désormais installé dans le paysage.